Le temple noir – Éric Giacometti 9 de Antoine Marcas

Extrait

Extrait du prologue

Paris
Basilique du Sacré-Coeur
De nos jours

Le bruit des marteaux-piqueurs s’était tu. Le ballet de fourmis de la multitude d’ouvriers avait cessé, laissant le silence et l’obscurité régner à nouveau dans la basilique. Ils étaient repartis, pour un temps du moins. Une couche épaisse de poussière recouvrait le sol et les bâches de plastique noir autour des statues. Nulle bougie allumée, nul lumignon électronique connecté, Dieu lui-même semblait avoir déserté sa maison. Çà et là, des tas de gravats formaient des monticules inertes et profanes. Une infime clarté électrique provenant de la cité filtrait à travers les vitraux recouverts d’une fine pellicule de crasse. Les bénitiers s’asséchaient comme des oasis oubliées, les tuyaux d’orgue emballés dans des cocons de plastique sale ne déversaient plus leur musique céleste. L’odeur du plâtre rance avait remplacé l’encens et la basilique n’était désormais qu’un banal sarcophage de pierre désanctuarisé.
Dans la sacristie, le père Roudil fulminait en ouvrant, un par un, les tiroirs de son bureau. Il n’arrivait pas à mettre la main sur sa petite bible à reliure de cuir gaufré et nervure, et offerte par les fidèles de son ancienne paroisse en Sierra Leone. La lumière de la vieille lampe à abat-jour crème éclairait son visage tendu. Le précieux ouvrage se dérobait. Il s’assit dans son fauteuil de cuir noirci et contempla la pièce. Cela faisait près d’un quart d’heure qu’il fouillait en vain. Il n’arrivait pas à se souvenir de l’endroit où il avait pu laisser le Livre saint et son agacement ne cessait de croître. Et dire qu’il n’avait même plus le droit d’être là depuis le début des travaux. D’ailleurs on lui avait à peine laissé le temps d’emporter ses affaires. Ordre de l’archevêque en personne. Heureusement que le sacristain avait gardé un double de la clé du presbytère attenant. Le père Roudil avait dû attendre le départ des ouvriers pour s’introduire, tel un voleur, dans sa propre église. Un comble ! Cela faisait une éternité que ces satanés travaux duraient alors qu’on lui avait assuré qu’au bout de deux semaines tout serait fini. La basilique fermée aux fidèles et aux touristes, transformée en chantier ! Du jamais-vu depuis l’édification du Sacré-Coeur.
En fait, tout avait commencé dix mois plus tôt alors qu’il était en déplacement à Lourdes pour accompagner des pèlerins. Un matin, très tôt, aux alentours de 4 heures, la soeur qui devait prendre son tour de la prière perpétuelle était tombée sur un groupe de policiers en civil. Ils avaient interpellé des intrus qui s’étaient introduits dans l’église. On lui avait demandé de quitter les lieux pour ne pas gêner l’enquête. La basilique fut fermée sur ordre de la préfecture de police. Trois jours plus tard, à son retour, il recevait la visite de l’archevêque et de l’architecte des Services du Patrimoine. Apparemment, une faille subite courait tout le long de la voûte. Un défaut dans la conception même de l’ouvrage. En conséquence, la basilique fermerait pour des travaux d’urgence dans les mois qui viendraient. Il n’avait plus eu de nouvelles pendant des mois et, deux semaines plus tôt, l’archevêque était revenu avec des experts du Vatican pour fermer la basilique. Un nouveau rapport alertait sur une menace d’écroulement de la voûte. Il n’en croyait pas un mot, mais l’obéissance à Dieu et à sa hiérarchie passait avant ses doutes. Quant à son sacerdoce, il était prié de l’exercer en l’église Saint-Pierre voisine, en compagnie de la congrégation des soeurs.
Il avait décampé sans même avoir eu le temps d’emporter sa précieuse bible et ça, ce n’était pas acceptable. Le père Roudil s’épongea le front et tenta de calmer son irritation. Soudain une étincelle jaillit dans son esprit. Le rangement, bien sûr. Sa bible était là-bas, sûrement à côté de la caisse.
Le curé sortit de la sacristie, referma doucement la porte et entra dans la nef. Dévastation et désolation. Ce furent les mots qui lui vinrent à l’esprit quand il contempla le chantier plongé dans l’obscurité. Un verset de l’Ancien Testament remonta à sa mémoire.
 

Présentation de l’éditeur

Mon cher Marcas, le véritable secret de l’ordre du Temple n’a jamais été le trésor. Je vous parle d’un secret d’une puissance telle qu’il pourrait faire basculer le destin de l’humanité…

1232. En Terre Sainte, une lutte sans merci oppose le Grand Maître des Templiers et le Légat du pape pour posséder un secret revendiqué par toutes les religions et tous les pouvoirs.
2012. À Londres, le Temple Noir se réunit et va changer le cours de l’Histoire.
Dans les méandres financiers de la City et dans les coulisses des sociétés secrètes, le seul homme à pouvoir éviter le pire est Antoine Marcas, flic et franc-maçon.
Une seule condition : résoudre l’ultime énigme des Templiers…

Les enquêtes d’Antoine Marcas ont été traduites dans 15 langues. Avec plus d’un million d’exemplaires vendus en France, Giacometti et Ravenne ont donné ses lettres de noblesse au thriller ésotérique français.

À la fin du livre, Guide du Londres maçonnique

 

Editeur : Fleuve éditions (14 juin 2012)

 

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par Remy

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